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GRÈVE DANS LES MÉDIAS PUBLICS : le mot d’ordre du SYNATIC largement suivi

D 4 octobre 2016     H 09:50     A Toute info     C 0 messages


Le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) a débuté une grève de 72 heures sur l’étendue du territoire national, le lundi 3 octobre 2016. Afin de faire l’état des lieux du premier jour de ladite grève, nous nous sommes rendus aux sièges de la télévision nationale, de la radio nationale et des Editions Sidwaya à Ouagadougou où le constat est sans appel : la grève est largement suivie.

« No comment ! », c’est ce que l’on peut dire après avoir fait le tour à la télévision nationale, à la radio nationale et aux Editions Sidwaya pour constater le début de la grève de 72 heures lancée par le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC). Les personnels de ces structures de médias étatiques sont bien décidés à faire plier les autorités en ce qui concerne leurs revendications. Et pour cause, ils observent le mot d’ordre de grève lancé par le SYNATIC dans tous les organes où nous nous sommes rendus. A la radio nationale, où la conférence de rédaction débute habituellement à 9 heures, la salle de rédaction était vide : aucun journaliste ne s’y trouvait. Sur ordre des premiers responsables de la maison, le studio était fermé à clé et personne ne pouvait y accéder. C‘est pour des raisons préventives, nous a confié le directeur Pascal Goba. Il nous a aussi confirmé que la grève est suivie par ses éléments qui ont déserté les bureaux. Il a déclaré à cet effet : « On ne va pas se voiler la face, la grève est effective », a-t-il déclaré.
Cependant, a souligné le directeur, l’arrêt du travail ne doit pas être un frein pour le fonctionnement de la radio. Et même si la grève est effective, le service minimum est assuré afin de causer moins de désagréments aux fidèles auditeurs de la radio. Durant les trois jours de grève, deux sessions d’information seront diffusées chaque jour à 13 heures et 19 heures entrecoupées avec de l’animation musicale, a-t-il souligné.
Si depuis un certain temps le SYNATIC dialogue avec les autorités afin de se mettre sur le même diapason, le patron de la radio nationale pense qu’à la fin de l’arrêt du travail, le dialogue va reprendre de plus belle pour qu’un consensus soit trouvé. C’est d’ailleurs son vœu et un appel qu’il a lancé à l’endroit non seulement des agents du SYNATIC, mais aussi des autorités burkinabè. En attendant la reprise, il a lancé un mot à l’endroit des fidèles auditeurs de la radio. Il les a rassurés quant à la reprise de la totalité des programmes à l’issue des 72 heures de grève. Ajoutons que le constat fait à notre arrivée à la radio, c’est la présence des éléments de la Brigade anti criminalité (BAC) qui étaient postés à l’entrée. Leur présence était simplement dissuasive car ils n’empêchaient pas l’accès à la radio. Ceci n’est pas le cas à la télévision où les forces de l’ordre déployées à l’entrée interdisent l’accès aux demandeurs sauf les agents de ladite maison requis pour assurer le service minimum.

La situation à la télévision nationale

Les agents intervenant dans les différentes structures en grève se sont donné rendez-vous devant la télévision nationale pour mener la lutte. Le personnel de la télévision tout comme leurs camarades de lutte de la radio, de Sidwaya, du Service d’information du gouvernement (SIG), etc. n’ont pas manqué à ce rendez-vous. Ils étaient nombreux à camper devant la télévision pour se faire entendre. Et ici c’est une autre forme de lutte qui est engagée. Assis en effet sous deux tentes dressées, les hommes de média à défaut de traiter les éléments de reportage, se sont occupés comme ils peuvent. En effet, un technicien de la musique ambiance la grève avec des sons du style reggae. Au moment où certains débattent de l’actualité, d’autres jouent aux cartes, au waré. D’autres encore sont préoccupés par la préparation du thé. Si le moment n’était pas au tapage habituel pour se faire entendre, les affiches collées sur les tentes en disent long. On peut en effet lire entre autres : « Renforcer le SYNATIC, c’est préparer son avenir », « Non à la mise en cause des acquis de l’insurrection populaire dans les médias », « A métier particulier, traitement particulier », etc. L’autre constat fait sur place, c’est la présence des éléments de la Brigade anti criminalité (BAC) à la télévision, ce qui, bien sûr, a déplu aux hommes de médias en grève. Au contraire de la radio où l’on avait accès à la maison, à la télévision les consignes sont toutes autres. L’accès à l’enceinte n’est interdit à toute personne sauf aux agents réquisitionnés pour assurer le service minimum. Les policiers munis d’une liste sur laquelle se trouvent les noms des réquisitionnés vérifient l’identité de l’individu qui se présente à eux. Et si son nom ne figure pas sur la liste, il est prié de rebrousser chemin. Même si on n’a pas pu avoir accès aux bureaux, l’on a constaté que la cour était déserte.

Si depuis l’entame des discussions avec les autorités pour trouver une solution aux problèmes posés, le SYNATIC semble ne pas être satisfait, il n’est pas pour autant découragé. Au contraire, il est décidé à sortir victorieux du bras de fer engagé, et est prêt à user de tous les moyens légaux dont il dispose. Le secrétaire général du SYNATIC, Siriki Dramé l’a confirmé quand il a déclaré que « La grève peut aller au-delà des 72h si la situation persiste ». Cependant, il rassure l’opinion nationale sur la reprise du travail dès que les exigences des travailleurs seront prises en compte. « Nous attendons par le biais d’une négociation une décision concrète du gouvernement pour reprendre le travail », a indiqué le SG du SYNATIC. En attendant la bonne nouvelle, il accuse le gouvernement d’en être la cause. Il déclare à cet effet : « Cette grève est due au fait que le gouvernement jusqu’à présent n’a pas donné une proposition concrète à notre plaidoyer ».

Aux Editions Sidwaya la détermination n’est plus à discuter

Média public, Sidwaya n’est pas resté en marge de la grève de 72 heures lancée par le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture. Comme leurs confrères des autres structures publiques, les agents ont respecté le mot d’ordre de grève. Tout comme dans les autres organes, les bureaux ont été vidés pour soutenir la grève. A l’entrée de la maison, des journalistes assis, lisaient des journaux. La grande salle de rédaction, la salle de rédaction de la rubrique sportive, l’imprimerie, le secrétariat de rédaction, le service de courriers, etc. étaient fermés. Il n’y a pas d’activité. La grande partie du personnel a rejoint les hommes de médias campés devant la télévision nationale. A l’inverse de la radio et de la télévision, il n’y avait pas de présence policière sur les lieux à notre arrivée.

Il faut dire que pour la réussite de la grève, des marches ont été prévues. La première est prévue le mardi 4 octobre 2016 aux Editions Sidwaya et la seconde le mercred 5 octobre 2016 à la Radio nationale. Une autre marche était également prévue dans les rues de la capitale mais elle n’aura pas lieu. La cause, le syndicat n’a pas réussi à avoir l’autorisation de la mairie centrale.

Thierry KABORE
TOUTE INFO, Quotidien burkinabè en ligne

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