RSS 2.0 twitter google facebook youtube



Infos en boucle


Vous êtes ici : Accueil » Analyses

Version imprimable de cet article Version imprimable


Le sport malade de (…) l’argent

D 18 avril 2017     H 23:25     A Toute info     C 0 messages


On savait que l’argent occupait une place primordiale dans le domaine du sport en général et du football en particulier. Ce qu’on ignorait, c’est qu’à terme le sport est menacé jusque dans ses fondements.


Il serait fastidieux de vouloir citer tous les événements footballistiques de la dernière décennie qui ont été empuantis par le pouvoir de l’argent. Et pour une fois, aucun continent n’y échappe. La succession de Joseph Blatter a donné lieu à tous les rebondissements possibles. Son successeur quasi-désigné, Michel Platini qui promettait d’instaurer la transparence a lui aussi été rattrapé par des casseroles. À force de dénoncer la gestion de Blatter qui ne manquait pas d’astuces pour court-circuiter ses adversaires, Platini a fini par faire les frais, livré par un Blatter qui, ébranlé par une enquête américaine n’entendait pas couler seul. Cette enquête avait pour but d’élucider les conditions d’attribution de l’organisation de la Coupe du Monde de Football 2022 au Qatar.

Gorges.

Traffics d’influence mais aussi et surtout probablement de finances érigées en norme, la candidature à l’organisation d’un événement sportif mondial coûte cher. Non pas seulement parce que cela nécessite la construction ou la rénovation d’infrastructures sportives qui répondent aux standards internationaux mais aussi parce que pour « gagner » l’organisation, il vaut mieux savoir arroser quelques gorges. Le principe était connu mais il a sans doute pris une ampleur tout autre cette dernière décennie. L’attribution de l’organisation des Coupes du Monde de 2006 et 2010 respectivement à l’Allemagne et à l’Afrique du Sud ne serait pas aussi transparente qu’on a voulu le faire savoir.

Au-dessus des lois.

L’arbitrage dans le domaine du foot notamment est devenu un moyen pour certains pour se remplir les poches. À ce titre, les catastrophiques arbitrages des matchs impliquant les équipes des pays organisateurs sont plus qu’illustratives. Il faut bien que les supporters continuent d’aller aux stades et que les entreprises puissent avoir de la visibilité. Des penalties imaginaires, des fautes non sifflées ... tout est mis en œuvre pour contenter non les supporters comme on le dit souvent mais les sponsors au point que la pratique n’en offusque plus personne. Bref, pour des questions marketing des équipes ou des clubs prestigieux sont mis le temps d’une compétition au -dessus des lois. Souvent des joueurs sont tout simplement soudoyés par des équipes adverses pour jouer en deçà de leurs capacités.
Scandaleux. Lors de la CAN 2015, l’équipe de Guinée Equatoriale n’a dû sa qualification que « grâce » aux arbitres dont on imagine aisément imaginer qu’ils ont reçu « en haut lieu » l’ordre de qualifier l’équipe pour contenter un pays qui, en permettant que la Coupe d’Afrique des Nations se tienne, a aussi permis de maintenir des contrats, les fameux droits de diffusion mais pas seulement. Autrement dit, le jeu si on peut le dire, en valait la chandelle. Ce qui est plus scandaleux, c’est qu’on a la conviction, du moins l’impression, que la vie des joueurs importe peu. En 2010, l’équipe togolaise de football a été sanctionnée pour avoir sur injonction des autorités de leurs pays, quitté la compétition avant terme. On n’imagine que le devoir de rendre hommage aux victimes dont parlait le président de la CAF de l’époque n’était que factice. Il en est de même pour les joueurs du Borussia Dortmund à qui les responsables de l’UEFA ont signifié qu’après l’attaque dont ils ont été l’objet, le foot et donc le business devait continuer et cela passe par l’obligation de jouer le lendemain. Tout en ne disant pas comment on peut penser à jouer au foot lorsqu’on a conscience d’avoir échappé de peu à une mort certaine. Quand est –il des blessures des sportifs de toutes disciplines que les médecins se plaisent à sous-estimer souvent et se voient obligés de jouer alors qu’ils ne sont pas entièrement rétablis. Ou des athlètes qu’on incite parfois à se doper pour donner plus de résultats ? C’est à se demander si la vie des joueurs vaut quelque chose aux yeux de certains. Et il n’est pas sûr que les nouveaux présidents de la FIFA Infantino et de la Confédération Africaine de Football, Ahmad Ahmad, considérés comme plus vertueux puissent faire quelque chose pour non pas enrayer mais limiter le poids du tout argent…à condition qu’ils en aient envie.

Soumana Loura

Version imprimable de cet article Version imprimable


Un message, un commentaire ?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
Ajouter un document