RSS 2.0 twitter google facebook youtube



Infos en boucle


Vous êtes ici : Accueil » Toute l’actualité

Version imprimable de cet article Version imprimable


CRISE DU SYSTEME EDUCATIF : les syndicats dénoncent « le dilatoire » du gouvernement

D 15 janvier 2018     H 10:00     A Toute info     C 0 messages


La coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE) est montée au créneau ce samedi 13 janvier 2018 pour se défendre après la sortie médiatique du Premier ministre le 9 janvier dernier. Sujet central à l’ordre du jour, l’évolution de la lutte engagée par quinze syndicats en faveur d’une offre éducative de qualité. Occasion pour le coordonnateur du mouvement Windyam Zongo et ses camarades de répondre à Paul Kaba Thiéba sur le coût des revendications qu’il a estimé à 50 milliards et la crainte d’une année scolaire blanche.

« Le gouvernement a décidé de laisser pourrir la situation avec le secret espoir mais en vain que les populations se soulèvent contre la lutte. » A déclaré le coordonnateur national des syndicats de ‘éducation Windyam Zongo ce samedi 13 janvier 2018 au cours d’une conférence de presse à la bourse du Travail de Ouagadougou. Pour les quinze syndicats que constitue la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CSNE), a fait le point de la lutte qu’elle a engagée depuis le mois d’octobre 2017 autour de sa plateforme revendicative.
Le premier ministre Paul Kaba Thiéba estimait les revendications dans le secteur de l’éducation à plus 50 milliards lors d’une conférence de presse le 9 janvier dernier. Pour la CNSE, il s’agit d’une sous-estimation de sa plateforme revendicative dans la mesure où une estimation du seul point concernant la cantine scolaire pour les élèves qui fait partie des revendications se chiffre à près de 48 milliards. « Si l’ensemble des points de notre plateforme qui met en avant les questions de l’accès, de la qualité du système éducatif et de la valorisation de la fonction enseignante n’est évalué qu’à ce montant, cela met en exergue le peu d’importance accordée à l’éducation. » A martelé Windyam Zongo.
L’annonce d’un tel montant est d’ailleurs perçue par le mouvement syndical comme une tentative du gouvernement de « jeter en pâture les personne en lutte ». Et « si l’ensemble des points de notre plateforme qui met en avant les questions de l’accès, de la qualité du système éducatif et de la valorisation de la fonction enseignante n’est évalué qu’à ce montant, cela met en exergue le peu d’importance accordée à l’éducation ». En vue de permettre à l’Etat de satisfaire leurs revendications, les enseignants en grève affirment avoir admis une démarche progressive pour la mise en œuvre des engagements que le gouvernement prendrait au cours des négociations.

Année blanche ou pas ?

« A cinq mois des premières évaluations, tout est encore possible, rien n’est compromis. » Soutient la CNSE. Pour elle, « une année blanche n’est pas envisageable et est hors de propos, car les cours étant assurés, à tout moment les évaluations peuvent avoir lieu. » Pour éviter une année blanche, la coordination estime que tout dépend du gouvernement qui devrait se ressaisir et renoncer au « dilatoire, à la diversion et aux manœuvres ». Pour l’heure, les animateurs de la conférence de presse ont indiqué qu’ils n’avaient pas encore d’acquis car aucun protocole d’accord n’a été signé. Les revendications des syndicats de l’éducation comportent quatre points essentiels à savoir l’adoption d’un statut valorisant l’éducation, la revalorisation du corps enseignant, l’amélioration des conditions de travail et l’amélioration de l’accès à l’éducation. La plateforme de la CNSE réclame aussi un respect des textes relatifs aux effectifs par classe, soit 60 élèves pour le primaire et 70 pour le post-primaire et le secondaire quand bien même la norme internationale prévue par l’UNESCO est de 25 élève par classe.

Chronologie de la lutte

Dans sa déclaration introductive aux échanges avec les médias, le coordonnateur du mouvement Windyam Zongo a présenté la chronologie des événements depuis octobre 2017 qui ont marqué la lutte syndicale.
• 5 Octobre 2017 : dépôt du premier préavis de grève marquant le début de la lutte dans le secteur de l’éducation et récusation du Ministre de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation Jean Martin Coulibaly pour conduire les négociations sur la plate-forme
• 14 novembre 2017 : Paul Kaba Thiéba reçoit une première fois la Coordination « afin que lui soit expliquée la plateforme revendicative » et mise place d’un comité paritaire de négociation
• 20 novembre 2017 : première réunion du comité paritaire
• 08 décembre 2017 : communication par le gouvernement des premières propositions de réponses aux points de la plateforme
• 21 décembre : la coordination reprend par écrit les éléments d’explication et de précision fournis par à l’audience du 14 novembre au premier ministre
• 29 décembre 2017 : deuxième rencontre avec le premier ministre
• 9 et 10 janvier 2018 : grève de 48 heures des syndicats de l’éducation
• 9 janvier 2018 : le premier ministre tient une conférence de presse au cours de laquelle il indique que l’évaluation financière de la plateforme des revendicative des syndicats est estimée à 50 milliards de F CFA
• 13 janvier 2018 : la coordination nationale des syndicats de l’éducation tient une conférence de presse au cours de laquelle elle dénonce une « démarche dilatoire » du gouvernement.

Selon les confidences des leaders syndicaux, un nouveau rendez-vous avec le gouvernement est prévu pour le mardi 16 janvier 2018 pour tenter de désamorcer la crise.

Amidou Kabré

TOUTE INFO, quotidien d’informations en ligne

Version imprimable de cet article Version imprimable


Un message, un commentaire ?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
Ajouter un document