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Education : ‘’Tous les promoteurs des établissements privés ne sont pas responsables’’ Dixit Abdou Mahamoud Kouraogo

D 27 septembre 2019     H 10:35     A Camille Baki     C 0 messages


Plus d’une vingtaine d’années dans l’enseignement, monsieur Abdou Mahamoud Kouraogo est professeur d’anglais et responsable de cours de vacance dans un collège de la place de la ville de Ouagadougou. Pétrie d’une riche expérience, sir Kouragogo est un fin connaisseur des établissements privés pour y avoir été professeur d’anglais mais aussi directeur des études .Toute Info est allé à la rencontre de ce responsable de cours de vacances, avec qui il était question de parler du faible taux de succès aux examens session 2019 mais aussi dans un contexte de fermeture de certains établissements par le ministère de l’éducation.

Toute info : quel regard avez-vous sur le système éducatif burkinabè ?

Mahamoud Kouraogo : Je pense que les critiques sont nombreuses à l’endroit du monde éducatif. Les résultats des examens sessions 2019 en sont illustratifs. Des résultats qui ont choqué puisque cela ne répondait pas aux attentes des uns et des autres.

A qui incombent ces faibles taux de succès ?

Les responsabilités sont partagées. Du coté des élèves les établissements n’ont pas une main mise sur les élèves. Certains acteurs des établissements ne respectent pas les normes en vigueur. A cause du gain et dans une concurrence sans limite, tous les promoteurs des établissements privés ne sont pas responsables. Aucun respect des règles de passages, plus de redoublements des élèves au primaire. Dans telles conditions le niveau ne peut pas ne pas baisser. Conséquence, les classes d’examen sont bourrés d’élèves qui n’ont pas le niveau ; ce qui explique en partie les mauvais résultats. L’État a aussi sa part de responsabilité, depuis ma carrière je n’ai pas vu des autorités du ministère faire des contrôles dans le privé, pour ma part dans les écoles où j’ai administré. Alors que nous savions qu’il y a peu d’établissements publics .Une attitude dont j’ignore les raisons, qui donne l’impression que l’État a abandonné l’école burkinabè.

Pensez-vous que les cours d’appui, de vacances et les cours du soir peuvent rehausser le niveau d’autant plus vous êtes le responsable des cours de vacance au « Petit monde » ?

A l’état actuel des choses, il serait difficile d’affirmer que les cours de vacances peuvent être une solution. Pour la simple raison que le volume horaire est insuffisant mais si on est encadré, bien réfléchi ça pourrait réduire le taux d’échec.

Le ministère de Stanislas Ouaro a décidé de la fermeture de près 1000 écoles, dont en majeure partie des privées, quel est votre avis la-dessus, en ces périodes d’insécurité conduisant à la fermeture de plusieurs écoles à travers le pays ?

C’est déplorable qu’on arrive à fermer des écoles qui ne sont pas en règles. Je pense que l’Etat a intérêt à protéger les Burkinabè et garantir l’éducation pour tous. Fermer près de 1000 écoles c’est jeter en pâture les enfants. Une décision qui vient augmenter le nombre d’enfants des écoles fermées pour insécurité. Je pense bien que l’état pourrait accompagner ces écoles et les aider à régulariser leur situation.

Que proposez-vous pour des résultats probants dans le monde éducatif ?

Moi je voudrais encourager le ministère de tutelle à continuer de veiller sur les établissements publics et privés, surtout le privé. Revoir la question des effectifs dans le public, suivre les établissements privés pour que les promoteurs respectent les normes. Nous savions tous que certains enseignants au primaire n’ont aucune formation en pédagogie et on ne l’apprend pas sur du tas. Au secondaire il faudrait plus de contrôle ; toutefois les acteurs doivent être plus regardants sur la question de discipline. Si le système est encadré, bien assaini il n’y a pas de raison que les résultants ne soient pas bons.

Bientôt la rentrée votre message à l’endroit des acteurs du monde éducatif pour une année scolaire réussie ?

Mon souhait est qu’on est un climat serein. Avec moins de grèves des enseignants jusqu’aux élèves. Une année bannie de troubles où chacun œuvre en toute responsabilité.

Propos recueillis par Camille BAKI

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