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Elections en Afrique : le règne des vieux démons !

D 13 avril 2021     H 12:38     A TOUTE INFO     C 0 messages


Les Africains les plus optimistes doivent probablement commencer à déchanter. Le Tchad, Djibouti, l’Ouganda, le Rwanda ou la Côte d’Ivoire peuvent continuer à voguer dans les eaux troubles des démocraties confisquées, que cela n’émouvrait grand monde, mais le Bénin ? Le quartier latin d’Afrique a vraiment touché le fonds.

Les élections présidentielles du dimanche 11 avril au Bénin n’ont pas drainé grand monde dans les bureaux de vote de l’aveu de nombre d’observateurs et de journalistes. Et cette désaffection des béninois pour les urnes, nous le devons à Patrice Talon. Depuis son arrivée au pouvoir en avril 2016, il n’a de cesse de saccager la démocratie béninoise. Il a rendu l’Assemblée nationale monocolore. Et pour la présidentielle, il n’est que face à lui-même. En effet, sans faire injure aux anciens députés, Alassane Soumanou et Corentin Kohoué, ils ne sont que des sparings partners, des adversaires d’entrainement, pour ne pas dire des faire-valoir.
Tous ceux qui pouvaient l’inquiéter sont soit en exil, soit en prison ou n’ont pas reçu les parrainages requis.
Certains l’accusent d’avoir mis à contribution la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme pour écarter la candidate Reckya Madougou du parti Les démocrates de l’ex-président Yayi Boni. Elle croupit aujourd’hui en prison sous le chef d’accusation de financement du terrorisme.
Pour l’une des rares fois, le Bénin est tombé au même niveau que la Côte d’Ivoire ou le Tchad habitués des violences électorales. Ces derniers temps, des manifestations et de vives tensions ont secoué le centre et le nord du pays pour contester la confiscation du scrutin par le président Patrice Talon. L’on a même enregistré des morts. Des militaires dépêchés pour libérer des à Savè et Bantè sont accusés d’avoir tiré à balles réelles. Bilan, deux civils tués et cinq autres blessés.
Embastillement, exil, confiscation de la justice et des institutions, constituent entre autres les arsenaux du dictateur et Patrice Talon ne s’est fait pas prié pour s’en servir. Il va sans doute triompher, mais ce sera sans gloire.

Des lendemains incertains !

Patrice Talon a sans doute été encouragé par l’apathie de l’opposition et de la société civile au lendemain des législatives d’avril 2019, tout aussi marquées par l’exclusion de l’opposition. Seules les listes du Bloc républicain et l’Union progressiste, deux mouvements proches du chef de l’Etat, Patrice Talon avaient été validées. Il est vrai que l’opposition avait montré des velléités de révolte mais vite réprimées par le pouvoir. Deux ans après, Patrice Talon remet le couvert, sûr sans doute de sa force.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Benin vient grossir les rangs des pays qui expérimentent depuis des lendemains d’élections incertains.
Dans ces contextes, l’on réprime à coups de gaz lacrymogène ou de balles réelles, emprisonne ou maintient en résidence surveillée, corrompt, expérimente les coups d’Etat comme au Niger, initie les chantages au passeport comme en Côte d’Ivoire. Ailleurs l’on s’empresse de proposer le partage du pouvoir.
Les dernières élections en Afrique constituent un avertissement sans frais pour les démocrates et les défenseurs des droits humains. Trente ans après le renouveau démocratique dans nombre de pays africains, nous sommes sur une pente descendante et glissante. A croire que nous ne tirons aucune leçon de notre histoire. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les tripatouillages, les hold-up ont toujours produits des violences, des morts, mais nous persistons dans ces voies. C’est le moment d’accentuer la pression sur les régimes qui vont prochainement organiser des élections en vue de stopper l’hémorragie des scrutins à risque. Avec la menace terroriste grandissante, il est temps d’arrêter d’alimenter la source du mal. Et de bonnes élections serviront à coup sûr la cause de la paix en Afrique.

La Rédaction
Editorial N°009 du mardi 13 avril 2021
www.touteinfo.com, journal d’investigation en ligne
contact@touteinfo.com

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