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Retournement de veste de Idrissa Nogo avec Zéphirin Diabré : "Même si j’avais reçu quelque chose pourquoi je porterai cela publiquement " ?

D 8 juillet 2021     H 16:34     A ALAIN YAMEOGO     C 0 messages


Il avait jugé au cours d’un point de presse que le ministre Zéphirin Diabré était mal placé pour conduire la réconciliation nationale au Burkina Faso puisqu’il est « politiquement marqué ».D’un ton ferme et excessif le leader du Mouvement des Peuples Citoyens, Idrissa Nogo condamnait le choix du chef de l’État sur l’ex chef de l’opposition à ce portefeuille ministériel .Mais une semaine après sa sortie, Idrissa Nogo changeait nettement de discours prêchant et reliant désormais la cause de Zeph. Qu’est-ce qui s’est alors passé dans ce retournement de veste aussi spectaculaire. Qu’a-t-il reçu ? Nous avons rencontré Idrissa Nogo le 07 juillet 2021, et sans langue de bois, il déballe tout ce qui s’est passé. L’activiste se prononce aussi sur des sujets majeurs de l’actualité.

TOUTE INFO : Merci pour votre disponibilité et d’avoir accepté de nous accorder cet entretien. Avant tout propos nous voudrions savoir comment va monsieur NOGO ce matin ?

Idrissa NOGO : Ben ! Comme vous le voyez, plus monsieur Nogo reçoit des piques. Plus on descend avec lui chaque matin, chaque soir chaque nuit dans la boue, dans les caniveaux et plus il prend de la forme et de l’énergie. Et d’ailleurs, on ne lapide que les arbres qui portent des fruits et nous portons des fruits puisque que nous savons d’où nous venons et donc nous savons où nous allons et surtout ce que nous faisons.

TOUTE INFO : Et qui sont ceux qui vous lancent ces piques ?

Idrissa NOGO : C’est à la fois les populations et les politiques. Je vous donne un exemple pour vous dire comment le Burkinabè est à la fois à l’ombre et à la lumière. Nous avons organisé une conférence de presse au cours de laquelle, nous avons demandé la démission pure et simple du ministre d’Etat chargé de la réconciliation Zéphirin DIABRE parce nous avons dit que c’est un personnage politiquement marqué.Mais il ne fallait pas. La toile s’est enflammée, j’ai été l’objet d’attaques, de calomnies et persécutions sur les réseaux sociaux, dans la presse pendant au moins deux semaines. J’ai été incompris. La majorité ne veut pas que mon organisation le Mouvement des Peuples citoyens qui est une organisation de la société civile exige la démission du ministre Zéphirin DIABRE, donc je suis allé dans la tendance générale. Des gens sont venus me souffler à l’oreille, met la balle à terre, va rencontrer le ministre vous, allez discuter vous allez comprendre beaucoup de choses et je suis allé le rencontrer.

TOUTZ INFO : Mais qui est qui vous a suggérer d’aller rencontrer le ministre DIABRE ?

Idrissa NOGO : je ne vous dirai pas, ce sont des détails mais je vous parle de la versalité du burkinabè aujourd’hui, qui est ondoyant et divers qui reproche à Idrissa NOGO qu’il ne sait pas ce qu’il veut ce qu’il fait. On fait la même observation à cette opinion qui ressemble à un magma informe qui change comme un caméléon et c’est vraiment dommage. Et je suis allé rencontrer le ministre et on a discuté et nous nous sommes compris et j’ai dit que je suis disponible et disposé à l’accompagner et les gens ont dit encore mais ce type fait un retournement de veste comme si ma veste avait été portée à l’envers quand j’ai été reçu par le ministre.

TOUTE INFO : Mais pourquoi Idrissa NOGO n’avait pas fait une démarche en amont de rencontrer Zéphirin DIABRE avant d’annoncer qu’il n’était pas la personne la mieux indiquée pour conduire la réconciliation nationale ?

Idrissa NOGO : Vous savez je suis un citoyen discipliné c’est le Président du Faso qui a nommé le ministre DIABRE. Il est là par la volonté du président Roch Marc KABORE.Les gens disent que j’ai mis le fond avant la forme et qu’il y a des choses que je ne maitrise pas, que je ne comprends pas .Qu’il eut fallu que je l’approche pour mieux comprendre .Effectivement c’est une autre façon de voir les choses mais qu’à cela ne tienne, il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Puisse que les gens m’ont conseillé qu’il n’est pas bon de m’isoler dans un combat d’ensemble car nul n’a le droit d’être heureux tout seul moi aussi j’ai droit au bonheur si la tendance générale est l’accompagnement de la réconciliation pourquoi je vais m’y opposé.

TOUTE INFO : Au cours d’un point de presse vous avez interpellé le ministre DIABRE, à ne pas vous oublier une fois à la table de soupe n’est-ce pas finalement cet objectif que vous recherchiez ?

Idrissa NOGO : vous en tant que journaliste confrère je vous ai piégé au même titre qu’une certaine opinion nationale .Je vous ai dit qu’en communication car je suis journaliste et communicateur d’entreprise, il y a plusieurs manières de rendre un message. Il y a la communication par le sarcasme, par l’humour, par le rire, par la persécution, par le persiflage. Et donc j’ai fait passer un message par le persiflage, par l’humour et surtout par l’ironie et ça a porté. Comme je connais la psychologie des Burkinabè j’ai sonné là-bas. La réconciliation, ce n’est pas forcément un plat qui est cru c’est une image, et les gens n’ont rien compris et comme je sais que les Burkinabè d’aujourd’hui réfléchissent par leurs ventres que par leurs cerveaux, ils sont tombés dans le piège et c’est moi encore qui suis toujours devant.

TOUTE INFO : Combien de FFCA avez-vous alors reçu quand vous avez été à l’audience du ministre DIABRE ?

Idrissa NOGO : Non il n’y avait pas une mallette d’argent posé à son cabinet .Pas du tout. Donc je n’ai rien reçu. Et même si j’avais reçu quelque chose pourquoi je porterai cela publiquement aux Burkinabè qui sont versatiles, ondoyants et divers. Je sors pour marquer ma différence, et vous me poussez dans les caniveaux .Je décide de suivre la tendance générale vous me poussez encore dans les caniveaux. Que voulez-vous que je fasse, au peuple burkinabè de répondre. Vous remarquerez de plus en plus que les gens préfèrent observer que d’être des sujets d’action parce qu’on a l’impression que depuis 2014 nous ne savons pas où nous allons.

TOUTE INFO : L’actualité est marquée par le dernier réaménagement du gouvernement avec l’éjection des ministres en charge de la sécurité et de la défense, quelle est votre appréciation de ce mini remaniement ?

Idrissa NOGO : les burkinabè et la presse sont dans une appréciation technique ce n’est pas un remaniement on a juste profité d’une situation pour limoger deux individus dans un gouvernement. Il s’agit d’une incompétence dans la fonction. Les deux ministres Cherif SY et Ousseni COMPAORE étaient frappés d’impéritie, c’est-à-dire d’une incompétence notoire et maladive. Ce n’est pas parce qu’on porte un boubou blanc tous les 365 jours qu’on est un Jésus ou un Mohammed ou qu’on devient un illuminé des questions militaires. Cherif SY et Ousseni COMPAORE étaient deux ministres techniquement incompétents. On ne s’adresse pas à la nation lorsqu’on veut faire un remaniement on prend des actes forts on n’a pas besoin d’un message à la nation. Je prends l’exemple de Blaise COMPAORE en 2011, il n’a pas eu besoin de s’adresser à la nation, il a pris des actes forts, des messages forts. Le message de Roch est un discours dans lequel on a senti plus de paroles que des actes alors qu’un discours venant d’un président on doit sentir plus les actions. Quand on ouvre le discours et on le referme par l’hymne national, c’est un appel à un sursaut patriotique.

Un appel à l’éveil des consciences et des énergies dans un pays. Un ministre de la sécurité qui à la sortie d’un conseil des ministres, porte un préjudice à l’armée burkinabè. Il dit premièrement que les assaillants qui ont perpétré les attaques à Solhan le mois dernier sont des enfants âgés de 12 à 14 enfants. C’est de la pulperie, c’est une honte, ce sont des informations qu’on ne doit pas divulguer. Deuxièmes, il dit que les gens qui ont montré le chemin des concessions étaient des femmes. Il dit que l’un des points faiblesses de l’armée burkinabè, son talon d’Achille c’est les embuscades et l’explosion des mines que les terroristes posent et que le recrutement, l’enrôlement militaire des volontaires pour la Défenses de la patrie VDP échappent au contrôle de l’État-major général et de façon général à l’Etat. Mais, ce type ne devrait pas attendre que le président Roch fasse un discours pour le démettre de ses fonctions. Il devait courir aller remettre sa démission parce qu’il a porté un déshonneur et une honte à l’armée burkinabè.

Quand à Cherif SY, il prend un hélico et descend dans le sahel et dit que les terroristes sont désormais neutraliser à Sebba et de façon générale sur le territoire sahélien et que les populations peuvent vaquer à leurs occupations. Moi j’appelle ça de la pulperie. Ce sont des affabulations, ce monsieur n’a aucune compétence technique. Et Dieu merci vous pouvez constater que ça va maintenant. Vous avez parlez de la tuerie des 11 policiers, vous avez remarqué que lors d’une opération conjointe militaire menée du 28 juin au 1er juillet par la gendarmerie et les forces spéciales, les individus qui ont tué les 11 policiers le 21 juin ont été neutralisés et malheureusement il semblait que leur cachette était une école. Les lignes bougent déjà donc, c’est une bonne chose.

TOUTE INFO : Justement le massacre de Solhan et la dégradation de la situation sécuritaire a poussé l’opposition dans les rues ? Pourquoi n’aviez-vous pas pris part à ces manifestations du CFOP

Idrissa NOGO : Il ne faut pas profiter de la détresse, de la douleur nationale pour faire une récupération politique. Ceux-là qui ont appelé à marcher les 3 et 4 juillet 2021 c’est eux que nous, insurgés avons fait tomber en 2014 ; donc comment voulez-vous que les insurgés d’hier se retournent auprès de leurs bourreaux pour marcher ensemble. Comme le dit le CFOP et les marcheurs, c’est effectivement un soutien au Forces de défenses et de sécurités aux VDP, les populations meurtries. Mais pourquoi avoir boycotté le dialogue politique qui est un cadre idéal pour ce type de débat ? Vous voyez que les messages sont divergents et contradictoires. En même temps qu’on apporte notre soutien aux forces armées, en même temps on demande la libération de Gilbert DIENDERE et on demande à ce que Roch dégage de Kosyam. On mélange les Serpièires et les serviettes et cela me pose problème. Et ceux d’autant plus que l’armée qui est une institution au même titre que la présidence du Faso, on ne peut pas prétendre vouloir défendre l’armée et en même temps saboter la présidence du Faso. Ce sont les forces de défenses et de sécurités qui sont les gardiennes de la présidence du Faso donc si l’armée tombe bien évidemment la présidence tombe aussi. Cela pose un problème voilà pourquoi j’ai décidé de prendre du recul pour observe. Mais je ne jette pas forcement le bébé avec l’eau du bain, Eddie KOMBOIGO bénéficie d’une situation atténuante. Il faut reconnaitre que depuis 1987 jusqu’en 1990, 1991, à l’époqueà l’époque où le Burkina Faso renouait avec la démocratie avec l’appel de la Bole de feu François Mitterrand jusqu’en 1996, date de création du CDP des cendres de l’ODP/MT jusqu’à la chute de Blaise et du CDP 2014, vous remarquerez que Eddie KOMBOIGO était un personnage anonyme qui ne s’occupait que de ses affaires. Les nombreux crimes impunis, les affaires d’homicide supposés qui résultent des violences politiques, on ne peut pas les mettre à son actif ou à son passif. Quand bien même il a toujours été un militant du CDP. Faisons un peu la part des choses, le CDP en tant qu’une structure supra d’organisation des élections, en tant que formation politique, les gens au niveau de sa direction ont changé, donc il y a lieu de faire une nuance peut-être. Quand on regarde sous cet ange il peut bénéficier d’une situation atténuante. Sinon nous disons que pour les crimes de sang ainsi que les nombreuses exactions il n’y est pour rien.

TOUTE INFO : Plusieurs proches du président Roch Marc Christian Kaboré sont épinglés par la justice .Le dernier cas en date c’est son directeur de cabinet Seydou Zagré qui pointé du doigt pour un supposée blanchiment de capitaux .Quelle votre appréciation de la gouvernance actuelle ?

Idrissa NOGO : Albert Einstein a dit que « c’est une folie que de vouloir toujours faire la même chose et de s’attendre autrement à des résultats. » Si je prends l’exemple du directeur du cabinet du chef de l’Etat. Seydou ZAGRE en 2012, il a été révoqué en plein conseil des ministres parce qu’il a été reconnu coupable de bradage de terrains, de parcelles dans le centre-ouest à Koudougou et la presse dans un certain temps a parlé de corruption, de concussion et de prévarication dont il se serait rendu encore coupable. Je pense qu’à un certain moment Roch doit apprendre à taper sur la table sinon ça commence à faire un peu trop. Vous savez les révolutions et les insurrections il faut deux conditions, les conditions subjectives et les conditions objectives. Les conditions subjectives peuvent être réunies à tout moment mais ce sont les conditions objectives qui peuvent prendre du temps. Malheureusement pour le MPP elles sont en train de suivre le pas fils après fils parole après parole, action après action. Donc, comme il l’a fait avec le limogeage des deux ministres a un certain moment, il faut marquer une pause et regarder sa gouvernance politique et essayer de dégraisser les mauvais esprits, faire un nettoyage autour de lui pour pouvoir conduire à bon terme son deuxième mandat. Regarder aussi la pléthore d’institutions qui ont été créées et aurait fallu que nous OSC, dénoncions la création du haut représentant du président du Faso qui était représenté par Cherif SY. Donc, il faut revoir la création des postes et des institutions budgétivores. Et je vous le dit ayez peur du peuple surtout quand il ne parle pas. Qui l’aurait cru qu’en plein midi, par des chemins inconnus, sous des arbres, des sentiers inconnus, dans des villages, des routes détournées inconnues par Blaise pendant 27 ans de règne, le peuple lui dit qu’il lui ai interdit d’emprunter sur des routes qu’il lui-même a fait construire, il était obligé de passer des routes inconnues, des chemins détournés pour aller se réfugier sous un arbre et attendre qu’un hélico en provenance de la cote d’ivoire vienne le chercher avec la complicité de la France. Vous savez, il y a un soir et un matin et la preuve, nous naissons et nous mourons, c’est la vie qui nous l’enseigne. Donc en politique il y a toujours un matin et un soir et maintenant comment le soir va se présenter c’est cela qu’il faut chercher à comprendre et à analyser.

TOUTE INFO : Une frange jeune appelle de plus en plus au départ des armées étrangères sur les sols des pays sahéliens. Partagez-vous ce paradigme qui estime que la France a toujours les mains mises dans les affaires africaines ?

Idrissa NOGO : On ne peut pas comprendre comment on peut manipuler facilement les présidents africains .Je prends l’exemple du Tchad sous le prétexte que c’est pour défendre l’intégrité et la stabilité du Tchad, on valide et on avalise un coup d’Etat de fait et on dit que Paris c’est-à-dire la France n’est pas dans un plan de succession et elle ne condamne pas et au même moment au mali dans les mêmes conditions, dans le même décor similaire, la France condamne. C’est de la pulperie, Emmanuel MACRON est en train d’infantiliser les chefs d’Etats Africains. L’armée française s’est retirée il y a de cela quelque semaines sur le sol malien et un mois après elle y revient cela répond à quoi ? Toutes ces choses doivent s’arrêter, la France se joue de nous. La France est le seul Etat colonialiste européen qui existe encore en Afrique et qui régente la vie des républiques en Afrique. Tous les anciens pays colonisateurs se sont retirés pour laisser les États africains gérer eux-mêmes leurs affaires politiques, économiques, culturelles etc.

TOUTE INFO : Vous avez justement organisé une marche pour dénoncer la politique française au Burkina Faso lors de la dernière visite de Jean Yves Le Drian à Ouagadougou. Quel était le message ?

Idrissa NOGO : Nous avons voulu porté un message fort dans une situation où ce n’est pas forcément le nombre qui combat et gagne c’est le courage. Même si nous sommes deux, trois, cinq, le fait de savoir que nous avons gros sur le cœur c’est cela qui compte. Nous voulions justement faire passer un message fort pour dire que nous ne voulons plus de la présence de l’armée française sur le sol africain et sur le sol burkinabè et que l’on mette fin au survole de l’espace aérien par des espions. Que la France arrête de traiter avec les terroristes et de piller les ressources naturelles du sous-sol africain. Quand je vous dis que la France infantilise les chefs d’États africain si vous-vous souvenez en 2015 lors de l’attaque contre Charlie Hebdo, tous les chefs d’États se sont transportés en France. Alors, qu’il n’y a pas eu autant de morts comme chez nous lors de l’attaque de Solhan où il y a eu plus de 132 morts et là ce n’est même pas la ministre des armées que MACRON a envoyé c’est le ministre des affaires étrangères.

TOUTE INFO : Quelle est l’actualité du MPC aujourd’hui ?

Idrissa NOGO : Le MPC s’inscrit dans la dynamique de la réconciliation, nous nous apprêtons à sillonner les 45 provinces pour permettre aux nous comprendre.

Propos recueillis par Alain YAMEOGO, Chérifatou DRAME ,Issa ZONE

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