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Jugement dossier SANKARA : « Ce procès sera un incident dans l’histoire du Burkina Faso » Issaka Lingani

D 14 octobre 2021     H 21:37     A ALAIN YAMEOGO     C 0 messages


Après 34 ans d’attente, le procès Thomas Sankara et 12 de ses compagnons tués pendant le coup d’État du 15 octobre 1987 connait un début de dénouement.Le 11 octobre 2021, le parquet militaire a ouvert le dossier pour son jugement. Si ce procès a un intérêt particulier pour beaucoup de personnes, le journaliste Issaka Lingani, proche de l’ancien président Blaise Compaoré, cité dans le dossier ,y voit une manipulation politique de vengeance contre l’ex homme fort du palais de Kosyam ,exilé depuis 2014 en Côte D’Ivoire. Dans une interview qu’il a accordée à www.touteinfo.com ,il ne mâche pas ses mots sur la procédures de ce procès qualifié d’historique par certains. Lisez plutôt !

TOUTE INFO : Monsieur LINGANI dites-nous comment vous voyez de manière générale la tenue de ce procès ?

Issaka LINGANI : Bonjour cher confrère et merci de nous donner la parole. Ben ! Disons qu’il était très attendu. Les Burkinabè se sont battus depuis les évènements du 15 octobre 1987 pour que ce procès ait lieu. Il a lieu aujourd’hui, il faut saluer le fait qu’il y ait ce procès. Maintenant, reste à savoir, le procès c’est pour quoi faire, c’est pour dire quoi, c’est pour servir à quoi, c’est pour aboutir à quoi ? C’est tous ces contenus qu’il faut chercher à comprendre et qui peuvent indiquer l’intérêt ou indiquer les attentes qu’il faut bien espérer de son déroulement. En ce qui me concerne, je pense que personnellement, j’ai toujours été de ceux qui ont pensé ou qui pensent qu’il faut juger l’affaire Thomas Sankara. Il faut juger les évènements d’octobre 1987, mais il ne faut pas se limiter au « seul procès politique » qui a eu lieu à travers le bilan des quatre années de révolution qu’il a eue. Je pense qu’il faut aller au-delà pour apprécier et les actions du Conseil National de la Révolution (CNR) et les projections dans le futur l’impact du drame du 15 octobre 1987 sur la révolution et sur l’avenir de ce pays.

TOUTE INFO : Concrètement qu’est-ce vous attendez dans la suite du procès ?

Issaka LINGANI : D’abord, c’est comme je l’ai toujours dit moi je suis de ceux qui sont pour la tenue du procès. A l’époque, pendant les 27 ans de pouvoir de Blaise COMPAORE, beaucoup de gens étaient contre. Et leurs arguments essentiels étaient que quel que soit le verdict, quel que soit le déroulement du procès, si l’on n’arrivait pas à un verdict que plus ou moins l’opinion publique attendait à savoir, l’accusation ou du moins la prise en compte du problème épique qui a été posé. Si l’on n’arrivait pas à ce cheminement, les gens n’allaient pas croire et le résultat allait être le même à savoir qu’on n’allait pas arriver à un procès qui apaiserait les cœurs. Et faire comprendre la situation parce que l’on n’aurait pas dit ce que certains veulent entendre. Il faut le reconnaitre, ceux qui se sont battus pour que le procès ait lieu, je doute fort que nombre d’entre eux ait voulu essentiellement la vérité et la justice pour Thomas SANKARA. Car, c’est un problème politique et un problème politique, l’on n’a pas besoin de vérité pour qu’il se manifeste, pour amuser et en abuser. C’est cela justement l’essence de la politique. La politique autorise tout et c’est pourquoi moi j’attends de ce procès très peu de chose. Très peu de chose parce que l’on a l’impression qu’il s’agit aujourd’hui du procès de ceux qui ont gagné contre ceux qui ne voulaient pas le procès. Et donc, ceux qui ont gagné pour que le procès ait lieu ont leurs arguments, ont leurs attentes, ont leurs procédures, ont leurs moyens pour faire aboutir à ce pour lequel ils ont voulu ce procès. Et qui de mon point de vue n’a pas forcément un impact réel sur les attentes des populations. Comme on le dit aujourd’hui, le peuple Burkinabè est confronté à de nombreuses difficultés et à de nombreux problèmes. Pour certains Burkinabè, plutôt que de se focaliser sur un procès, il faut plutôt travailler sur la réconciliation. Ce à quoi, ceux qui veulent le procès répondent que dans ce pays, il y a eu plusieurs processus de réconciliation qui n’ont pas abouti tout simplement parce qu’il n’y a pas eu justice. Pour eux, certaines familles ont refusé le processus qui était en cours, c’est effectif mais quelle justice faut-il ? Il faut la justice c’est vrai, mais quelle justice faut-il pour Thomas SANKARA ? Est-ce qu’il faut une justice qui se base sur les faits et qui dit ce qui s’est passé, une justice qui amène à reconnaitre que ce pays a besoin de paix ou une justice qui veut contenter des gens, qui ont des calculs politiques pour condamner X ou Y pour refaire l’histoire de ce pays. Pendant de ce procès, l’on entend du n’importe quoi sur la révolution. Les faits sont en train d’être travestis de manière éhontée par des gens lâches d’hier. Lâche je dis et je répète parce qu’ils n’ont pas eu le courage d’assumer leurs opinions devant le leader de la révolution, ils n’ont pas été capables de dire à Thomas SANKARA où les problèmes et les difficultés se situaient. Ces gens se sont couchés devant le président et qui ont permis certaines dérives et qui aujourd’hui veulent par lâcheté profiter de sa mort pour se venger de ceux qui ont dit au président du CNR où les choses n’allaient pas. Je crois que tout cela dans l’un ou l’autre si l’on ne fait pas attention, l’on fera un procès qui sera à refaire comme l’on a fait des Tribunaux Populaires de la Révolution (TPR). Combien de TPR avons-nous trouvés ici ? Tous ces TPR ont été revus parce que c’était des tribunaux d’exception qui ne tenaient pas compte du droit de la défense. Or dans la matière aujourd’hui, Dieu seul sait si la défense est réduite à sa plus simple expression au profit de ceux qui veulent aujourd’hui tout monter en pièce pour se valoriser eux-mêmes. Ce n’est pas Thomas SANKARA qui est en cause mais c’est le Sankarisme. Ce type de Sankarisme, moi je l’appelle du Sankarisme putréfié. Tous ceux qui s’excitent aujourd’hui, si Thomas SANKARA vivait, ils seraient soit licenciés, soit dégagés ou en prison, parce qu’ils ont des comportements qui n’ont strictement rien n’a avoir avec SANKARA. Ils ont des comportements qui n’ont strictement rien n’a avoir avec la révolution démocratique et populaire dont j’étais l’un des acteurs.

TOUTE INFO : Mais, Monsieur LINGANI est-ce que vous avez l’impression qu’il s’agit d’un procès de vengeance, d’un procès politique ?

Issaka LINGANI : Ceux qui sont à la manœuvre sont des Sankaristes. Ils sont tellement à la manœuvre qu’ils ont réussi à être au gouvernement aujourd’hui. L’un des avocats de la famille c’est maitre Bénéwendé SANKARA qui est aujourd’hui le ministre de l’habitat. Quand on l’a interviewé, il ne parle pas comme un citoyen lambda, il se comporte comme un avocat qui connait le dossier et qui a des arguments juridiques sur le dossier. Cela est une évidence, au Burkina Faso, il y a une certaine hypocrisie qui consiste à ne pas vouloir la vérité en face et cela qui a fait le problème du CNR. Les gens sont extrêmement lâches, car ce que fait Maitre Bénéwendé SANKARA n’aide pas le procès et n’aide pas la justice ni Thomas SANKARA. Cela est une réalité partante et il faut le lui dire, il n’a pas besoin de s’étaler autant. Je dis que ce procès est aujourd’hui manifestement une affaire de vengeance. Est-ce que cela va aboutir ? Est-ce que le tribunal va permettre qu’il aboutisse ? Je n’en sais strictement rien mais je sais tout simplement qu’il est très difficile dans des conditions telles que les nôtres que la vérité soit dite qui ne soit pas celle de l’opinion publique. Je ne pense pas que la grande majorité des Burkinabè veut ce qui se passe aujourd’hui autour du procès de Thomas SANKARA. Depuis l’exhumation de son corps jusqu’au procès. Je ne suis pas certain que la majorité des Burkinabè se retrouve dans ces actes.

TOUTE INFO : Il y a deux accusés dans cette affaire notamment Blaise COMPAORE et Hyacinthe KAFANDO qui ne se sont pas présentés le jour du procès et le tribunal leur a donné 10 jours pour rejoindre le jugement. Également, la veuve Mariam SANKARA a qualifié l’absence de Blaise COMPAORE au procès de « manque de courage » de sa part de venir répondre aux accusations portées contre lui. Est-ce qu’il ne se culpabilise en refusant de venir répondre à la justice ?

Issaka LINGANI : Pas du tout, il ne se culpabilise pas. La veuve Mariam SANKARA, je la respecte bien et je respecte sa douleur mais je ne suis pas d’accord avec sa manière de lire les choses. Sur la question, elle est très mal placée pour faire des leçons de morale à qui que ce soit même dans ce dossier. Rappelez-vous l’histoire du certificat de décès de Thomas SANKARA, comment il a été fait. Donc, certaines personnes sont très mal placées pour faire des leçons de courage ou morale à quelqu’un dans ce dossier. Je dis effectivement, il y a deux grands absents dont notamment Blaise COMPAORE que tout le monde Sankariste veut voir condamné sous prétexte que c’est lui qui a ordonné, organisé et planifié le coup d’Etat. Cela est leur thèse et ils veulent que cette thèse passe. Il y a aussi la vérité qui est tout autre, qui est le fait que le CNR avait un problème très sérieux de gouvernance. Il y avait des luttes de clans à l’intérieur qui se sont résolues plus ou moins au fil du temps. Rappelez-vous qu’au départ du CRN, il y avait un parti qu’on appelait le PAI et qui a été foutu dehors. Quand ces gens ont été foutus dehors qu’est-ce qu’on a fait ? On les a purement et simplement emprisonnés la plupart. On oublie cela et le processus c’est poursuivi jusqu’à des problèmes qui n’ont pas pu être gérés. Je dis que ce qui s’est passé le 15 octobre 1987 est un grand drame, une très grande perte pour le Burkina Faso. C’est une évidence, mais les coupables sont loin d’être ce que l’on pense. Moi je pense que les véritables coupables sont les lâches autour de Thomas SANKARA qui n’ont pas accepté de dire leurs opinions véritables sur la conduite des affaires afin de permettre à la révolution d’aller de l’avant parce que la révolution ce n’est pas de la dictature .Elle est démocratique. Cela voudrait dire qu’il y a un débat et si les gens refusent le débat et préfèrent se faire, conduire comme des moutons cela ne peut qu’entrainer des problèmes. Et je dis par rapport à la contribution et du rôle de Blaise COMPAORE dans cette affaire est simple, il a dit sa version.

TOUTE INFO : Et pourquoi refuse-t-il de venir confronter sa version à la justice ?

Issaka LINGANI : Pour la simple raison, que le Burkina Faso d’aujourd’hui avec les gens que l’on sait à la manœuvre, s’il met pieds ici, ce n’est pas la justice qui va régler son problème. Mais, il va être régler autrement. Je le dis franchement que le 30 octobre 2014, l’on ne voulait pas aider Blaise COMPAORE l’on voulait l’assassiner. Blaise COMPAORE devait être assassiné le 30 octobre 2014.

TOUTE INFO : Avez-vous des preuves de ce que vous dites ?

Issaka LINGANI : Si vous voulez les preuves, ouvrez le procès de l’insurrection de 2014 et je vous apporterai les preuves matérielles que Blaise COMPAORE devait être assassiné le 30 octobre 2014. Ouvrez le procès et vous aurez les preuves matérielles. Si ce crime n’a pas pu avoir lieu parce que l’on dit qu’il a fui, qu’est-ce qui vous dit que s’il revient les gens ne vont pas terminer ce qu’ils avaient si bien commencé. Donc, il est dans son droit de penser que cela peut se produire. Dans le climat d’aujourd’hui il y a beaucoup de chose que l’on vous cache dans l’affaire Thomas SANKARA. Des choses ne seront pas dites, des choses ne vont pas sortir pour le moment. Mais, l’histoire s’écrit, elle ne doit pas s’arrêter avec ce procès je vous assure.

TOUTE INFO : Mais, à son absence, il sera jugé par contumace. Est-ce que cela veut dire qu’il vivra tous ses jours en exil ?

Issaka LINGANI : Est-ce que vous êtes convaincus que les Sankaristes vont rester au pouvoir jusqu’à la fin du Burkina Faso ? Êtes-vous convaincus que les sankaristes vont être au pouvoir tout le temps que le Burkina Faso va exister ?

TOUTE INFO : Pensez-vous à un renversement de situation ?

Issaka LINGANI : C’est une évidence dialectique.

TOUTE INFO : Est-ce que vous dites que le CDP signera son retour aux affaires ?

Issaka LINGANI : Je ne parle pas du CDP. Moi je parle du peuple burkinabè. Le CDP même vous voyez est en putréfaction. Et moi personnellement j’ai dit, le CDP n’est pas le parti de Blaise Compaoré aujourd’hui puisqu’il ne fait rien pour Blaise COMPAORE. Je ne sais même pas ce que Blaise fait toujours au CDP. Qu’est-ce qu’il fait là-bas, dans un parti qui ne défend plus l’idéal pour lequel il l’a créé et qui ne fait pratiquement rien pour lui.

TOUTE INFO : Et qu’est-ce que vous vouliez que le CDP fasse pour Blaise Compaoré concrètement ?

Issaka LINGANI : Concrètement, qu’il (ndlr CDP) dise son opinion sur la situation.

TOUTE INFO : Mais, le CDP a réagi au cours du dialogue politique pendant lequel il avait souhaité qu’on écarte certains sujets de la justice classique.

Issaka LINGANI : Mais, il y avait le dialogue politique avant l’insurrection, le dialogue aussi se fait dans la rue. La rue est une forme de dialogue. Et je l’ai toujours dit, la manière dont ce pouvoir est arrivé aux affaires, il ne va pas le quitter par des dialogues. Non. Il faut utiliser les mêmes méthodes de lutte. Et je le dis franchement. Donc il faut utiliser la rue pour faire pression, puisque c’est reconnu. J’ai personnellement demandé qu’on condamne les actes qui ont été posés pendant l’insurrection, on m’a dit non, ce sont des héros. Qui ne veut pas être héros au Burkina Faso ? Le CDP ne veut pas des héros ? Si faire ce qui a été fait en 2014, c’est être un héros, mais que le CDP soit un héros aussi. Ce n’est pas plus que ça.

TOUTE INFO : A voir de près, l’exécutif s’en lave les mains dans ce procès et laisse la justice conduire la procédure.Est-ce aussi votre perception ?

Issaka LINGANI : Est-ce que la justice fait ce qu’elle doit faire. Je pense que non. Les avocats de Blaise Compaoré ont été clairs à savoir que leur client n’est pas concerné par cette affaire en tant que tel puisqu’il n’est pas impliqué directement. Il n’y a pas eu de mandat contre lui, l’instruction se fait uniquement à charge ; il n’a pas été entendu. Quand les gens me disent non, c’est parce qu’il n’est pas venu ; il y a un ministre d’État qui est allé le voir à Abidjan. Est-ce qu’un juge ne peut pas aller le voir là-bas éventuellement ? Donc je pense qu’il y a des faux fuyants pour arriver à quelque chose que les gens ont préparé. Qu’ils y aillent si ça peut faire leur bonheur. Moi je dis et je répète c’est la loi dialectique tout à fait naturelle que l’injustice subit toujours le retour de la justice. C’est-à-dire que si vous brimez quelqu’un dans ses droits, il n’y a rien à faire tôt ou tard les droits de cette personne vont être constitués. C’est une évidence divine. Maintenant est ce que le pouvoir laisse la justice faire pour permettre aux Burkinabè de se sentir vraiment sereins vis-à-vis de la justice ? Aujourd’hui, il y a des actes élémentaires qu’il faut poser c’est-à-dire tous les problèmes sont égaux devant la justice. C’est tout. Avant Thomas SANKARA, il y a eu des décès, par le jeu de la politique. On dit non ces gars n’ont pas porté plainte. Est-ce que c’est parce qu’ils n’ont pas porté plainte, on a tout oublié ? Ce sont des Burkinabè comme vous et moi, comme Thomas SANKARA et ses parents. Si on veut rendre justice réellement, il faut considérer tous les Burkinabè sur le même plan. Si c’est effectivement dans le sens d’arriver à la réconciliation, il faut mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Et cela on peut trouver des solutions durables. Mais je vous dis si on ne le fait pas, ce procès sera un incident dans l’histoire du Burkina Faso tout simplement avec la caution d’un pouvoir qui a laissé faire.

TOUTE INFO : D’après vous finalement, ce procès, il est politiquement empreint d’une vengeance mais qu’auriez-vous proposez dans ce cas de figure ?

Issaka LINGANI : Moi ce que j’aurais fait c’est d’écouter le peuple. Ce que j’aurais fait, c’est d’écouter la nation. Sur le cas de Blaise COMPAORE, tous les sondages ont montré que le peuple burkinabè veut le retour de Blaise COMAPAORE. Tous les sondages à 80,90% montrent que les Burkinabè veulent son retour en toute dignité avec tous honneurs dus à son rang. Et que cela va contribuer à apaiser le climat social et même au-delà contribuer à régler le problème du terrorisme et d’insécurité au Burkina Faso. La preuve, les grands candidats de ce pays en ont pris la mesure. Kadré Désiré OUEDRAOGO a dit que Blaise COMPAORE va assister à son investiture. Eddie KOMBOIGO, trois mois maximum sa prise de pouvoir, Blaise va rentrer. Roch Marc Christian KABORE a dit six mois maximum, Blaise va rentrer. Cela veut dire qu’ils ont pris conscience de son importance. Pourquoi donc on ne le fait pas. Il n’y a qu’à le faire pour voir. J’ai écouté des gens dire que me retour de Blaise Compaoré n’est pas une priorité pour le Burkina Faso. Mais bien sûr si vous dites que ce n’est pas une priorité cela veut dire quoi ? Que Roch Marc Christian KABORE est quoi ? Puisque lui l’a inscrit son retour comme une priorité. Moi je refuse qu’on insulte mon précisent même si je ne suis pas d’accord avec lui. Mon président a bien pris la mesure de la volonté du peuple. Maintenait il y a des difficultés pour mettre cela en œuvre. Mais dire que ce n’est pas une priorité, c’est insulter nos autorités. C’est insulter nos autorités qui disent majoritairement que Blaise rentre. Il n’y a qu’à écouter les gens dans la rue. Allez-y au marché et tendez votre micro, les gens vous diront qu’il faut que Blaise rentre. Ce n’est pas parce que les gens aiment particulièrement Blaise. Mais chacun a l’impression au fond de lui-même que le Burkina Faso a besoin de ce retour pour se réconcilier avec lui-même et envisager l’avenir. C’est cela la réalité. Donc ce qu’on devrait faire de mon point de vue c’est, justice oui mais si on doit choisir la justice classique qu’on la choisisse et qu’on lui donne tous les moyens à égalité sur tous les dossiers. Ce n’est pas plus que ça. Pas seulement prendre un seul dossier y mettre des centaines de millions et laisser les autres. Pourquoi ? Et vous voulez qu’on pense que c’est la justice. Pour la petite anecdote de l’exhumation du corps du président Thomas SANKARA et y a eu des experts qui ont dit au président du Faso de l’époque monsieur KAFANDO ; que vous ne trouveriez rien parce que pour avoir des ADN il y a des conditions scientifiques qu’il faut réunir. Et ces conditions ne sont pas réunies.

TOUTE INFO : On sait Monsieur LINGANI, c’est difficile de faire un rétropédalage dans ce procès comme vous le souhaitez, qu’entrevoyez-vous maintenant ?

Issaka LINGANI : De mon point de vue c’est une expérience qui a commencé. Il faut la conduire à termes. Conduisons la à terme. Et tirons-en toutes les conséquences et toutes les leçons. Ils ont commencé leur procès, allons-y doucement avec eux. Dans tous les cas, on va arriver. Il n’y a rien à faire on va arriver. C’est ceux qui sont pressés comme on dit chez nous qui achètent la tête du chien. Mais je dis et je répète, je pense que nous ne faisons pas du bien à Thomas SANKARA. Pas du tout. Nous ne faisons pas du bien à Thomas SANKARA encore moins à la justice. C’est ma conviction personnelle. J’ai été un révolutionnaire, j’ai été un CDR de terrain. J’ai vécu la révolution dans le sang dans l’esprit. J’en garde des souvenirs impérissables. Il y a des discours de Thomas SANKARA que je peux même vous réciter mais aujourd’hui beaucoup de gens ont utilisé ça comme un fonds de commerce. Alors qu’eux-mêmes si vous les prenez individuellement ils sont l’antithèse de ce que de ce que SANKARA voulait. Je ne peux pas comprendre que dans un pays on prend de tels gens et accepter qu’ils soient sankaristes.

Propos recueillis par Alain YAMEOGO et Issa ZONE

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