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Burkina Faso : Stopper l’avancée terroriste en deux ans ,voici la stratégie de Auguste Denise Barry

D 23 mai 2022     H 12:09     A ALAIN YAMEOGO     C 0 messages


A l’occasion de la célébration de ses cinq années d’existence, l’association Camillian disaster service Burkina Faso (CADIS/BF), a initié le 21 mai 2022 une conférence publique sur le thème : « L’insécurité au Burkina Faso, Comment conduire des réponses humanitaires adéquates aux populations touchées ? ». Cette conférence qui s’est tenue dans l’enceinte de l’hôpital Saint Camille de Ouagadougou a été animée par le colonel Major Auguste Denise Barry, expert en sécurité.

Dans son exposé, l’expert a établi une contextualisation de la problématique de l’insécurité dans le monde. Auguste Denise Barry a fait noter la persistance d’une crise multidimensionnelle à tous les niveaux dans l’environnement international. « Que ce soit au niveau économique, humanitaire, social, sanitaire, le monde est véritablement dans des problèmes » selon lui. Toute chose qui a fait prendre au phénomène du terrorisme, une dimension ubiquitaire (il est partout à la fois ndlr), complexifiant davantage la lutte. Mais depuis un certain temps, l’on assiste de plus en plus, à un glissement du phénomène vers la bande sahélo saharienne, renforçant davantage son caractère ubiquitaire. Cette extension du phénomène s’explique selon l’expert, par plusieurs causes parmi lesquelles l’instrumentalisation des groupes, l’impunité, la transfrontalité du phénomène, les problèmes non réglés, la radicalisation et bien d’autres. S’exprimant sur les stratégies de réponses apportées au phénomène terroriste, le conférencier a relevé pour le cas du Burkina Faso, une réponse molle au phénomène de l’insécurité depuis sa survenue et cela à tous les niveaux. Il y a eu d’abord un manque d’anticipation sur la menace qui s’est constaté depuis l’ère du Président Blaise Compaoré. « On a toujours fait croire que la lutte contre le terrorisme est une lutte de longue haleine. Et ça a eu un impact sur notre stratégie. Parce que si vous vous dites que c’est une lutte de longue haleine, vous allez essayer de trouver les voies et moyens sur la durée. Or, c’est cela la stratégie de l’ennemi, qui a le temps avec lui. Par contre, si vous vous mettez dans une posture de l’immédiat, vous trouverez des solutions pour cela » a-t-il indiqué. Aussi, selon lui, des insuffisances ont été observées sous la transition. Sous cette transition, selon lui, il aurait fallu réorganiser l’armée après les premières attaques enregistrées par le Burkina Faso. Ce qui n’a pas été fait.

« Même si le RSP existait en l’état, dans le contexte d’aujourd’hui, le RSP n’aurait pas pu faire quoi que ce soit » a-t-il souligné. Pour lui, l’organisation classique de l’armée Burkinabè ne lui permet pas d’apporter des réponses efficaces au nouveau phénomène qui s’impose.

…de la nécessité d’une massification des effectifs militaires

Une autre insuffisance dans la réponse au terrorisme, c’est le fait de n’avoir pas contenu la menace aux premières heures. « On a laissé le fantôme entrer dans la case et maintenant on veut le chasser. C’est difficile ». Il est difficile aujourd’hui d’apporter une lutte efficace au terrorisme au Burkina, parce que le phénomène s’est métastasé. En plus de cela, le conférencier a fait remarquer une « asymétrie des volontés dans la lutte contre le phénomène insécuritaire ». « On a l’impression que pendant qu’une partie est en train de travailler à lutter contre le phénomène, d’autres personnes et même au sommet de l’Etat, n’ont pas encore compris l’évidence de la gravité de la situation » a-t-il confié.

En termes de réponses à apporter, l’expert a relevé la nécessité de l’assomption d’un État capacitaire attaché à la gouvernance vertueuse. Il prône également une massification des effectifs militaires. « On ne peut pas apporter une réponse ubiquitaire au phénomène avec le format actuel de nos effectifs. J’ai 38 ans de service militaire et durant ces 38 ans, j’ai fait les 2/3 dans les organismes de formation. Je sais qu’on peut former en un mois, un soldat en mesure de combattre efficacement la menace telle qu’elle s’exprime aujourd’hui. Ça permettra d’aller reprendre l’initiative, et sur 6 mois reprendre du terrain et en une année stabiliser pour consolider en l’espace de deux ans » a-t-il indiqué.

Quant aux perspectives à envisager pour apporter des réponses humanitaires aux populations touchées dans un contexte d’insécurité comme celui du Burkina Faso, le colonel Major Auguste Denise Barry a souligné la nécessité de la sécurisation du personnel humanitaire. Cette sécurisation repose selon lui, sur la qualité du programme établi. Et ce programme doit respecter deux principes que sont l’impartialité et la neutralité. De son analyse, le programme à établir doit veiller à ne pas nuire aux acteurs sur le terrain dont l’Etat, les groupes armés, la population et le personnel. « Il vous appartient de faire en sorte que les trois acteurs comprennent le bien fondé de vos actions non seulement les groupes armés, l’Etat et aussi p les populations » a-t-il recommandé.

Rappelons que cette conférence entre dans le cadre de la journée commémorative des martyrs camilliens de la charité. Elle fait partie d’une série d’activités qui se mènent depuis le 18 mai 2022. Dans le déroulement de ce programme, les organisateurs prévoient du 22 au 24 mai à 18h, un triduum de prière à la chapelle de l’HOSCO suivie d’une messe solennelle en l’honneur des martyrs camilliens, à la chapelle de l’HOSCO.


Oumarou KONATE www.touteinfo.com

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